Johannes Brahms : Choral "O Welt, ich muß dich lassen"
Julius Reubke, génial disciple
de Franz Liszt, compose sa seule uvre pour orgue en 1857. Sa sonate
aux procédés d'écriture pianistiques ne trouve une
fidèle interprétation que sur un instrument dont la facture
allemande garantit clarté des voix intermédiaires et amplitude
dynamique. On trouve à Winterthur (Suisse) une composition réunissant
toutes les indications de registration figurant dans la première
édition de ce monument de la musique d'orgue romantique allemande.
Précédant cette grande fresque, le Prélude et fugue
en sol mineur du jeune Johannes Brahms lui est contemporain et nous offre
une approche de l'orgue par un autre pianiste aussi différente que
complémentaire.
Lui faisant suite, les Onze préludes de choral, opus 122, testament
musical de Brahms trouvent idéalement leur place sur l'instrument
frère de celui de la Votivkirche de Vienne - à l'acoustique
beaucoup moins lisible - pour lequel Brahms les coucha sur le papier. La
grande variété de timbres offre pour chaque choral une registration
spécifique, variée, et avant tout méditative. Les nombreuses
indications "forte ma dolce" prennent alors toute leur signification.
Après l'orage et le déchaînement de jeunes virtuoses,
le recueillement d'une longue et ultime prière gagne encore en profondeur.
Johannes Brahms
Prélude et fugue en sol mineur
Onze préludes de choral Opus 122
Julius Reubke
Sonate sur le Psaume 94

Bruno Morin