Jean-Sébastien Bach : Fantaisie en sol mineur
L'église Saint-Joseph du Havre est l'un des fleurons architecturaux de la ville reconstruite, récemment classée au Patrimoine mondial de l'Unesco. Depuis sa construction sur les plans d'Auguste Perret, ce gigantesque édifice de béton ne possédait aucun orgue à tuyau susceptible de compléter harmonieusement la grandeur de sa structure de béton et la poésie de ses vitraux multicolores. Ce n'est que tout récemment, à l'automne 2005 que fut inauguré le transfert d'un instrument de 13 jeux, fruit de l'harmoniste Alfred Kern, depuis l'église Saint-Thomas d'Aquin.
Le présent enregistrement, réunissant exclusivement des talents havrais, se veut le reflet sonore de l'ambiance électrisante d'un concert d'inauguration, qui a permis à un large public havrais de redécouvrir cet acteur du patrimoine organistique havrais, progressivement tombé dans l'oubli.
Ouvrant le dialogue entre l'orgue et l'orchestre, le concerto "Le coucou et le rossignol" de Georg-Friedrich Handel, annonce un programme aussi varié que public.
L'orgue seul est ensuite mis en valeur grâce à trois chorals composés par Jean-Sébastien Bach, faisant dialoguer une riche palette de jeux de détail. La grandiose Fantaisie et fugue en sol mineur, servie tant par la clarté et le calme d'un magnifique Plenum que par une acoustique au combien généreuse, poursuit ce programme éclectique.
Les litanies à la vierge noire de Francis Poulenc pour Choeur de femmes et orgues, bénéficient de l'atmosphère mystique de ce lieu hors du temps. Elles annoncent idéalement la dernière section de ce récital.
Le concerto pour orgue et orchestre de Francis Poulenc, clôturant le programme de ce concert d'inauguration, constitue un lien particulièrement convaincant entre une architecture grandiose et une musique chatoyante, tour à tour violente et poétique.
S'il constitue une "mémoire"
des grandes heures de l'orgue havrais, cet enregistrement saura convaincre
bien des organistes concertistes que le Concerto pour orgue et orchestre
de Francis Poulenc s'épanouit idéalement sur un instrument
de dimensions modestes, dont l'unique jeu d'anche constitue tour à
tour le soliste et le tutti, dès lors que ses sonorités recelent
toute la poésie et la chaleur exigées par un texte au combien
varié et généreux !
Georg-Friedrich Handel
Concertos n°13 en fa majeur "Le Coucou e le Rossignol"
Jean-Sébastien Bach
Francis Poulenc
enregistré avec le concours de l'orchestre et des choeurs André Caplet - Direction : Jean Legoupil

Bruno Morin